Sorcières, la Collection féministe à connaître

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Les éditions Cambourakis ont monté une collection ultra pertinente sur les thématiques liées aux féminismes. Cette collection se nomme Sorcières et si vous voulez vous construire une solide culture féministe, ces quelques lectures seront des alliées privilégiées. Personnellement, je trouve que dans l’espace francophone, les éditions Zones et la collection Sorcières des éditions Cambourakis sont les meilleures, que ce soit en termes de contenu, de diversité et d’esthétisme (les livres publiés par ces maisons sont de très beaux objets).


Rêver l’obscur – Femmes, magie et politique

Starhawk. Traduit de l’anglais (États-Unis) par Morbic

Partisane de l’action directe non violente, Starhawk a été de tous les mouvements antimilitaristes et antinucléaires aux États-Unis dans les années 1970-1980. On la retrouve ensuite à Seattle ou à Gênes dans les rangs altermondialistes. Se définissant à la fois comme féministe et sorcière néo-païenne, elle publie Rêver l’obscur. Femmes, magie et politique en 1982 aux États-Unis. Se basant sur la narration très concrète de sa participation à ces mouvements, elle explore une science inventive et festive des rituels, invitant chacun-e à prendre conscience de son pouvoir et à le mettre en oeuvre en resserrant les liens avec les autres, en agissant à sa mesure au sein de la communauté.

Fragiles ou contagieuses. Le pouvoir médical et le corps des femmes.

Barbara Ehrenreich et Deirdre English. Traduit de l’anglais (États-Unis) par Marie Valera

En 1973, quelques mois après le succès de Sorcières, sages-femmes & infirmières, Barbara Ehrenreich et Deirdre English publient un second pamphlet dans lequel elles continuent leur exploration de l’histoire de l’avènement de la profession médicale masculine au XIXe siècle. Dans Fragiles ou contagieuses, elles montrent comment la médecine a construit des types de discours différents en fonction des classes sociales : l’un enfermant les corps des femmes de la bourgeoisie dans la fragilité et l’hystérie, l’autre décrivant au contraire les corps des femmes des classes populaires comme résistants mais vecteurs de maladies contagieuses. Elles relient cette analyse à la situation au début des années 1970 et prônent la réappropriation par les femmes des connaissances sur leur corps. Un nouvel essai percutant, pour des questionnements toujours actuels !

Peau

Dorothy Allison. Traduit de l’anglais (États-Unis) par Nicolas Milon 

Dans ce recueil de 24 essais, Dorothy Allison raconte son enfance, son engagement féministe, sa sexualité et les « Sex Wars » des années 1980. Elle y aborde notamment les thèmes de l’inceste et de la lesbophobie, et partage ses réflexions sur la littérature : comment écrire l’extrême misère sociale, comment écrire sur le sexe ? Un livre tout à la fois intime, décapant et profondément politique. Cette réédition propose l’intégralité du recueil de Dorothy Allison, soit 7 textes inédits en français. Par l’auteur de L’Histoire de Bone.

Des femmes contre des missiles

Alice Cook et Gwyn Kirk. Traduit de l’anglais par Cécile Potier 

En 1981, sur fond de Guerre froide, des femmes organisent, autour de la base militaire de Greenham Common en Angleterre, un camp pacifiste pour protester contre la décision de l’OTAN de stocker des missiles nucléaires sur ce site. Par une série d’actions non-violentes directes à Greenham Common et à travers l’Angleterre tout entière, des femmes ont ainsi exprimé leur opposition à la guerre, au militarisme, à la violence, prenant le parti de la justice, de la paix, de la créativité, des échanges et de la joie. Alice Cook et Gwyn Kirk, qui ont participé au mouvement, ont écrit ce livre en 1983 pour inciter les autres à convertir leurs sentiments de passivité, d’inertie et d’impuissance en actions réelles. La clairvoyance, le courage et l’exubérance des femmes de Greenham peuvent aujourd’hui encore servir de modèle aux activistes. Dans sa préface, Benedikte Zitouni revient sur cette puissante expérience collective qui a duré près de vingt ans et met en lumière l’héritage que nous pouvons en tirer à une époque où l’avenir est incertain.

Réflexions autour d’un tabou : l’infanticide

Ouvrage collectif

Interpellées par l’histoire d’une femme emprisonnée pour infanticide, touchées par un témoignage qui leur parvient ensuite, huit femmes, différentes mais unies par leur activité militante, décident de réfléchir collectivement à la question en l’abordant sous divers aspects. En France aujourd’hui, l’accès à la contraception est-il facile pour toutes les femmes ? Les délais légaux pour avorter sont-ils suffisants dans toutes les situations ? Quelles sont les conditions d’un accouchement sous X ? Est-il facile d’être femme sans être mère ? Qu’est-ce qu’un déni de grossesse ? Où en est l’éducation sexuelle dans les établissements scolaires ? Comment expliquer qu’aujourd’hui encore il y ait des infanticides. Un petit livre qui (se) pose beaucoup de questions, et qui propose quelques éléments de réponse. À chacun.e de s’en saisir pour continuer la réflexion…

Ne suis-je pas une femme ?

bell hooks. Traduit de l’anglais (États-Unis) par Olga Potot 

« Ne suis-je pas une femme ? », telle est la question que Sojourner Truth, ancienne esclave, abolitionniste noire des États-Unis, posa en 1851 lors d’un discours célèbre, interpellant féministes et abolitionnistes sur les diverses oppressions subies par les femmes noires : oppressions de classe, de race, de sexe. Héritière de ce geste, Bell Hooks décrit dans ce livre devenu un classique les processus de marginalisation des femmes noires et met en critique les féminismes blancs et leur difficulté à prendre en compte les oppressions croisées. Un livre majeur du « black feminism » enfin traduit plus de trente ans après sa parution ; un outil nécessaire pour tous à l’heure où, en France, une nouvelle génération d’afro-féministes prend la parole.

Sorcières, sages-femmes et infirmières. Une histoire des femmes soignantes

Barbara Ehrenreich et Deirdre English. Traduit de l’anglais par L. Lame

Engagées dans le Mouvement pour la santé des femmes dans les années 1970, Barbara Ehrenreich et Deirdre English enquêtent sur les racines historiques de la professionnalisation du corps médical. Portant un regard féministe sur les chasses aux sorcières en Europe et la suppression de la profession de sage-femme aux États-Unis, elles s’interrogent : et si, derrière ces événements, se cachait une véritable monopolisation politique et économique de la médecine par les hommes de la classe dominante, reléguant peu à peu les femmes à la fonction subalterne d’infirmière docile et maternelle ? Depuis sa parution aux États-Unis en 1973, cet essai concis et incisif a ouvert la voie à de nombreux travaux de recherche et prises de conscience. Cette traduction s’ouvre sur une préface inédite des deux auteures.

La Langue des oiseaux, QuelLE amoureuxSE êtes-vous  ?

Rachel Easterman-Ulmann

« Ces tests entrepris au départ pour elle, dans un dialogue qui poursuivait les sous-entendus de nos face-à-face, je les ai continués pour mettre derrière moi ce qui m’a tellement bouleversée, quitter le ressassement du souvenir et des regrets, tourner la page par et avec les mots. »  Quelques poèmes et un carnet de tests qui jouent avec les codes et l’imaginaire féministe, et revisitent les différentes étapes de l’état amoureux.  Un questionnaire poétique, oulipien, drôle et engagé, auquel la lectrice, le lecteur est invitéE à répondre.

De la marge au centre – Théorie féministe

bell hooks. Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Noomi B. Grüsig 

Avec De la marge au centre, son deuxième essai paru aux États-Unis en 1984, bell hooks poursuit la réflexion initiée dans Ne suis-je pas une femme ? Étudiant les succès et les manquements des mouvements féministes qui ont traversé le xxe siècle, elle constate l’échec de la création d’un féminisme de masse qui s’adresserait à toutes. Elle s’attache ainsi, dans un style toujours accessible, à bouleverser les représentations habituelles de la pensée féministe majoritaire en plaçant au centre de sa réflexion les femmes noires et/ou des milieux populaires, insistant sur le besoin profond d’une approche révolutionnaire de ces questionnements. Cet ouvrage percutant a imposé bell hooks comme l’une des voix les plus influentes et stimulantes de la scène féministe.


Ecouter le podcast avec Isabelle Cambourakis

Podcast les Créatives

>>> Accéder à l’article dédié à Isabelle Cambourakis


Chroniques altermondialistes. Tisser la toile du soulèvement global

Starhawk. Traduit de l’anglais par Edith Rubinstein
Après Rêver l’obscur. Femmes, magie et politique, dans lequel elle racontait sa participation à de nombreux mouvements antimilitaristes et antinucléaires aux États-Unis dans les années 1975-1982, on retrouve Starhawk vingt ans plus tard en première ligne du combat contre la globalisation financière portée par l’OMC, le FMI et la Banque mondiale. Ces chroniques ont été écrites “en direct de la rue”, lors des contre-sommets altermondialistes, de Seattle en 1999 à Gênes en 2001, en passant par Québec et le Forum Social de Porto Alegre. Starhawk a été une chroniqueuse autant qu’une visionnaire de ce mouvement, jusqu’au 11 septembre 2001 qui survient alors que le FMI et la Banque mondiale devaient se réunir à Washington et que de nouvelles manifestations y étaient prévues. De ce mouvement est directement issu le mouvement actuel pour la justice climatique, qui continue de clamer haut et fort, comme ce fut le cas en décembre dernier à Paris à l’occasion de la COP 21, ce que Starhawk n’a jamais cessé d’écrire : Un autre monde est possible !

Homo inc.orporated – Le triangle et la licorne qui pète

Sam Bourcier
Avec Homo Inc.orporated, Sam Bourcier poursuit la réflexion menée dans la trilogie des Queer Zones. Mariage, procréation, travail, patrie, les gais et les lesbiennes ont basculé dans la sphère de la reproduction et de la production. Que reste-t-il du sujet politique LGBT lorsqu’il est défini par le droit et le management de la diversité ? Pas grand-chose. Raison pour laquelle les queers et les transféministes se mobilisent pour un agenda de redistribution économique et de justice sociale plus large que la simple demande d’égalité et d’intégration. Homo Inc.orporated propose une critique radicale de l’homonationalisme et des politiques de l’égalité des droits. C’est aussi une boîte à outils pour lutter contre le néolibéralisme, avec une réflexion et de nouveaux moyens d’action sur les politiques du savoir à l’université, le genre comme travail, la grève du genre sans oublier le gender fucking !

Reclaim, recueil de textes écoféministes

 Collectif sous la direction de Emilie Hache. Traduit de l’anglais par Émilie Notéris 

« Ce livre est un livre d’espoir, un livre sur la guérison de nos blessures et sur le fait de croire dans notre propre force, dans le courage de faire des choses ensemble, de changer et transformer la politique de tous les jours de manière non-violente. Ce livre parle de sororité écologique mondiale ! » (Petra Kelly, avant-propos à Healing the Wounds : The Promise of Ecofeminism, 1989) La COP 21 a suscité un regain d’intérêt en France pour l’écoféminisme dans les milieux militants. Ce mouvement, né dans les années 1980 dans les pays anglo-saxons, a été initié par des femmes faisant le lien entre l’exploitation des ressources naturelles et l’exploitation qu’elles subissaient en tant que femmes. Cette prise de conscience a donné lieu à de nombreuses actions et autant d’écrits écoféministes inconnus en France. Cette anthologie, proposée par la philosophe Émilie Hache, permet de découvrir les textes des principales figures de ce mouvement, parmi lesquelles Susan Griffin, Starhawk, Joanna Macy, Carolyn Merchant, certains textes donnant l’impression qu’ils ont été écrits hier, aujourd’hui même, en réaction à la situation qui est la nôtre.

Donner naissance – Doulas, sages-femmes et justice reproductive

Alana Apfel. Traduit de l’anglais (États-Unis) par Adel Tincelin 

Alana Apfel nous propose un recueil vivant de treize récits écrits par des doulas, des sages-femmes et des activistes féministes aux États-Unis qui racontent la naissance autrement. Au modèle de la toute-puissance médicale qui saurait mieux que les femmes elles-mêmes ce qu’est un « bon » accouchement est opposé ici un tout autre professionnalisme, à la fois discret et attentif, qui permet de faire une juste place à des femmes indignement traitées. Militer pour la « justice reproductive », c’est créer des « communs » de la naissance, selon la formule de Silvia Federici dans son introduction. La postface de Geneviève Pruvost nous rappelle que l’obstétrique française est la plus médicalisée d’Europe. À l’heure où, en France, les sages-femmes à domicile font l’objet d’une tentative d’éradication professionnelle, Donner naissance nous propose une nouvelle manière de penser les trajectoires reproductives et nous fournit les outils théoriques et pratiques nécessaires.


Pour en savoir plus :


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